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Revue Underground Généraliste

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QUE VIOLENTE SOIT NOTRE DANSE

QUE  VIOLENTE  SOIT  NOTRE  DANSE.
(Le texte que voici est le CHANT FINAL d'un bouquin resté indédit. Q.V.S.N.D. n'est rien d'autre qu'un
"condensé" des épisodes qui élevèrent ma colére. -Très jeune, j'ai vu à moins de 6 kilomètres de là
ou j'habitais, des vandales payés par l'état, détruire une lande superbe, pour y faire pousser un furoncle-).

        Enroulée dans l'herbe, l'odeur de l'aubépine chatouillait encore la paille estropiée, et happait l'air brûlant des bosquets couchés.
C'était à l'orée de tout celà. Aux premiers coups de pioche.

        Là, un reste d'arbre, un nuage à lui accroché, quelques genêts, tâchaient de comprendre de quoi il pouvait retourner. Comme arrangées et étendues pour plaire à la fièvre d'un soleil hors-commun, les toîtures des rares masures qui parsemaient l'endroit, étaient calmes.
Sous elles, tout était immobile, vide de vies. Tant celles d'oiseaux que celles de gens, ou autres bêtes !
Déjà de la mousse s'intercallait entre les tuiles. Il y avait dans l'apparition de cette mousse, comme la vérification d'un gel de pitié.
Travaux et chagrins de la terre... Oubliés ! Tout à vif. Quel remède existerait un jour pour amollir tel ouragan ?

       Plus loin, tordus, des restes d'écuries, de granges et de cabanes emmélés, commençaient à noircir.
La lande hébétée avait, impuissante, assisté au départ des derniers vieux.
Les petits lapins sautaient à présent sous d'autres clairs de lune, au coeur d'herbes raisonnables, plus bas, au suplomb de la falaise.

       Au loin, les cloches sonnaient midi. Tôt le matin, l'orgue de l'église avait résonné pour la messe, à l'aube des grenouilles de bénitiers.
Brouillard, corbeaux de toutes sortes, bruits sadiques. Là-bas, l'église, ici l'enfer ! Rien, pour bloquer celà.
Disparus les épouvantails des rares parcelles cultivées. Il fait grand jour à tout jamais.
La paille ne résiste aux chenilles des bulldozers. L'odeur de l'aubépine ne survit à celle des gaz d'échappement.
L'air brûle tant...  âcre, captif de modernes poussières.

       Puis au fil des jours qui se suivaient et ressemblaient, les derniers pans de murs, perdaient en un fracas,
Ce qui les encore tenait, coiffait. Quel vinaigre !
Le sentier ? Quel sentier ??? Les oiseaux ? Quels oiseaux ???
Brouillards de toutes espèces, et corbeau perdu, tout au plus. Rien de plus ? Si ! Déjà crevé le corbeau...
Puis (la terre se souvient), il a beaucoup plu, il a tant plu. Le vide, comme une ceinture !
Plus de bruits sadiques. Engins laissés sous la tempête.
Dans les baraques de chantier, radios nationales, cartes à jouer et mauvais vins, en l'attente de la fin du déluge.
       Ils étaient prévenus pourtant. Un pays à ne pas mettre une usine dehors !

       Eau et vents très forts toute la nuit. Eau et vents très forts durant le matin qui suivit. Puis l'après midi qui suivit,
Puis une nouvelle nuit. Tout séché à l'aube...
Alors. Bruit de réveil à réveiller les morts. Puis un grand rire stupide, comme un bruit de sirène beuglant
"De boue là-dedans".
Puis lumière aux fenêtres des baraques. Baraques apportées sur les plateaux de camions. La rumeur qui enfle !!!
Odeurs de pisse et de merde. Puis, odeur d'un mauvais café au lait. Celle du pain réchauffé, grillé, brûlé.
Odeurs crasseuses des douches... Buées qui collent à tout ce qui est encore, comme à ce qui passe; et à ce qui se passe.
Et bientôt, bleus de travail. Armée nicquée-syndicalisée, qui bouffe à la louche du "progrès".
Hop... Bulldozers, pelles mécaniques, forages, explosions de roches...  Le plan dit "Tout raser. Tout mettre plan".
Plus un bosquet ?

       O souvenir de l'aubépine, des genêts, et des petits lapins... L'adieu fut rien moins que, déchirant.

       Bruit. Chaleur artificielle, soleil de fer, bottes à merde. Apocalypse sur la lande ! Mois de travaux, promesses de boulot, compromissions d'élus, années de merde sous les bottes, de cratères en le sol. Et puis...
Béton, béton armé. Béton armé. Armée bétonnée. Béton, barbelés, gardiens hargneux, clôtures électriques, présence policière maximalement renforcée...
Là où est la réserve à plutonium, le repoussoir à autochtones... Autrefois...  là...  était la lande.
Ce jour'd'hui, là est la ville maudite. Ville béton. Ville nucléaire. Usine qui pue tant en les têtes.

       Ici, LA FRANCE, Patrie du bleu de bresse, du petit blanc et du gros rouge, a élevé, en en tirant gloriole,
La plus belle saloperie de l'Occident Crétin !





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