Revue Underground Généraliste
EVINCER LES VICTIMES DE L'AMIANTE...
C'est plus que visiblement le souhait du ME(r)DEF et de l'Etat ! Alors que depuis sa création, l'ANDEVA (association nationale des victimes de l'amiante) avait surtout connu des années de conquêtes, l'année 2006-2007 aura vu se développer une offensive pour remettre en cause les droits conquis par les victimes de ce fléau. Victimes et associations doivent désormais faire face à la baisse du montant des indemnisations concernant les plaques pleurales. Divers tribunaux ont en effet procédé -sans explications- à une baisse significative des indemnisations. Cette situation est inquiétante parce qu'elle remet en cause l'évolution de la réparation connue jusqu'alors. Inquiétante aussi, parce que les victimes de l'amiante sont les seules à vivre ce scénario (les victimes du sang contaminé elles, ont toujours connu une augmentation de leur indemnisation -malgré la mise au point de traitements "tri thérapies" qui ont complétement changé le pronostic et l'évolution de cette maladie-).
Une victime de l'amiante elle, doit soigneusement prouver l'existence de ses préjudices et ne pas se contenter de les citer. Tant pis s'il est moralement pénible pour le malade ou sa famille de raconter, d'écrire, de solliciter des témoins, concernant ces moments douloureux. Les conditions de vie et de fin de vie, d'une victime de l'amiante étaient qui plus est, connues et reconnues. On se prépare à les nier. ME(r)DEF et Etat ont la volonté de remettre en cause les plaques pleurales en tant que maladie professionnelle ouvrant droit à réparation et indemnisation. Le patronant mène ouvertement campagne contre ce que les victimes de l'amiante ont pu obtenir depuis 10 années. Ce patronat pourri et puant défend à présent une position selon laquelle les plaques pleurales ne seraient pas une maladie. Et... il joue cette carte jusqu'au sein du Conseil Supérieur de la Prévention et des Risques Professionnels ! Tant pis si une assoce comme l'ANDEVA voit en régle très générale, au départ, une victime qui obtiendra un taux IPP de 5 ou de 10%. Mais reviendra -trop souvent-, quelques années plus tard, avec un cancer bronchique, un mésothèliome, etc... Tant pis si les plaques pleurales sont indéniablement connues comme maladie à part entière c.a.d. FIBROSE DE LA FIBRE PARIETALE-. Tant pis (cqfd) si la remise en cause des plaques pleurales cache implicitement une seconde remise en cause... celle des critères d'indemnisation du cancer broncho-pulmonaire associé aux plaques pleurales. Tant pis si en f' Rance l'amiante tue 3000 personnes par an. Nous ne sommes plus là, devant des voyoux (état et un patronat) ... nous sommes face à une bande d'enculés mondains à qui l'on coûterait trop cher. La Direction Générale de la Santé et la Direction Générale de la Sécurité Sociale ont ainsi commandé à la Société de Pneumologie de Langue Française, un avis préalable sur les données scientifiques concernant les plaques pleurales, leur évolution, leurs complications, leurs préjudices fonctionnels, voire leur préjudice moral. Dans le contexte, cette "consultation" n'aurait donc pour objet ni d'améliorer la connaissance de cette pathologie ni de proposer des thérapeutiques. Son but serait de fournir un ALIBI SCIENTIFIQUE à une remise en cause de l'indemnisation de ces pathologies !!! Or... certains Syndicats ont signé avec le patronat, un accord mettant en cause, clairement, une nouvelle définition de la faute inexcusable de l'employeur, telle qu'elle à été donnée par la Cour de Cassation en Février 02, entérinant ni plus ni moins un renoncement à la réparation intégrale pour les risques du travail, et conditionnant la réalisation de mesures proposées A LA REALISATION D'ECONOMIES... -La faute inexcusable serait dés lors remplacée par la faute d'une particulière gravité-. Et sans la nommer, cet accord, vise clairement, (faut pas s'arrêter en si bon chemin !), la suppression du Fonds de Cessation Anticipée d'Activité des Travailleurs de l'Amiante. Hors... le système actuel de l'ACATA tel qu'il existe nourrit déjà de graves injustices. Un maximum de victimes n'y a pas accés. Aussi, plutôt qu'améliorer la chose -en logique méd(r)éfique et étatique- autant la supprimer ! Compenser la perte d'espérance de vie des victimes de l'amiante, allons donc, Pouvoir et Me(r)def sont de gens sérieux eux, pas de ces sâles malades qui osent demander réparation de ce qu'on leur a fait subir.
La clique Sarkozyque nous prépare peut-être la fermeture du dispositif de cessation anticipée d'activité, puisqu'elle est préconisée (tiens donc)... par la Cour des Comptes ? Les victimes de l'amiante vont-elles devoir se mettre en grève de la faim pour qu'on arrête de les emmerder honteusement ? S'il faut en arriver là (en tant que victime), j'en serais sans l'ombre d'un doute. S'ils persistent, côté Pouvoir comme côté Me(r)def, nous devront rentrer dans le lard de ces salauds. Point c'est tout !
-Document réalisé en piochant les infos dans un cahier de l'ANDEVA. Merci à qui le fera circuler-